Le rappel par le suivi naturel

La majorité des demandes de mes clients concernent le rappel ! J’entends souvent « je voudrais bien le lâcher mais ça me fait peur car quand je le rappelle il n’écoute rien ! »

Je dis toujours un bon rappel c’est quand il n’y a pas de rappel !

Plus vous allez « gonfler » vos chiens en les appelant moins ils vont revenir. De plus, à chaque rappel infructueux vous montez le volume et vous finissez par crier et vous énervez. Tout ceci votre chien l’entend et le ressent ! Arrêtez de stresser ! Est ce que vous vous dirigeriez vers quelqu’un qui vous hurle dessus ? Je ne pense pas, vous auriez plutôt envie de partir en courant dans l’autre sens ! Mais tiens tiens, ne serait-ce pas ce que fait votre poilu ? Bizarre, non ? Et si vous commenciez par vous taire… lol ! Chuuuutttt ! Apprenez à observez votre chien ! Si le chien vous entend constamment parler ou crier , il sait que vous êtes là, il n’a donc aucun intérêt à venir vers vous. Par contre, si vous ne dites plus rien, il va se poser des questions et se demander où vous êtes. Alors on se détend et OOONNN SEEE TAAAIIIT ! lol

D’abord pour vous rassurer, travaillez en sécurité ! Pour cela munissez-vous d’une longe suffisamment longue qui donne l’impression au chien d’être libre. Gardez à l’esprit que c’est le chien qui doit s’inquiéter de l’endroit où se trouve son humain pas le contraire.

Exemple de modèles de longes :

Dès que le chiot est capable de se déplacer, il va naturellement suivre sa mère lorsque celle-ci se met à bouger et vous savez quoi, elle n’utilise pas de laisse ! C’est ce que l’on nomme le suivi naturel. Alors pourquoi ne pas l’exploiter ? Quand le chiot arrive dans sa famille humaine, vous devenez son nouvel être d’attachement.  Il y a 4 situations qui favorisent le suivi naturel :

  • lorsque l’on se met à courir d’un coup alors que l’on marchait tranquillement,
  • lorsque l’on fait demi-tour brutalement,
  • lorsque l’on s’éloigne et qu’on change de direction,
  • et enfin lorsque l’on n’est plus dans le champ de vision du chiot.

Chrystel Herbulot – Édu’Cat Pat


J’ai choisi pour vous quelques textes qui traitent du suivi naturel afin que vous puissiez mieux comprendre de quoi il s’agit.

L’apprentissage du suivi naturel, sans laisse par Isabelle VIEIRA, vétérinaire comportementaliste DENVF.

De nombreux propriétaires aimeraient se promener avec leur chien sans être obligés de le tenir en laisse, sans l’obliger à rester au pied, mais en étant sûr que le chien ne va trop s’éloigner et revenir rapidement en cas de danger. Le but est d’apprendre au chien à préférer se promener avec son maître que sans son maître.

La méthode est simple :

  • Établir préalablement un lien de confiance et une relation basée uniquement sur le renforcement positif ;
  • Il est essentiel de procéder exclusivement par renforcement positif dans l’ensemble des interactions entre l’homme et le chien et d’établir en amont une relation de type confiance-autonomie solide ;
  • Il faut commencer d’abord des promenades dans des lieux peu stimulants où le chien aura peu de motivation à quitter son propriétaire ;
  • On démarre avec un jeu très apprécié du chien (courir ensemble) en canalisant son attention. Le maître doit être l’élément essentiel de son plaisir ;
  • Brusquement, le maître se cache pour stimuler le chien à le retrouver puis à ne plus le perdre;
  • On recommence le jeu plusieurs fois jusqu’à ce que le chien s’attache très positivement à la présence de son maître ;
  • Puis marcher sans interagir avec le chien ;
  • Il ne faut surtout pas l’appeler sans cesse, cela apprendrait au chien que c’est le maître à ne pas le perdre. C’est à lui à rechercher son maître;
  • Ensuite, il faut alterner quelques minutes de jeu commun puis quelques minutes de marche sans interaction. C’est cette alternance qui soude l’envie du chien de ne pas quitter son humain ;
  • Si le chien s’attarde à flairer une zone, il faut continuer de marcher. C’est au chien à écourter son exploration ;
  • Au moment où le chien rejoint en courant son maître, surtout ne pas le récompenser. Cela alimente une frustration de contact ;
  • Puis il faut capter à nouveau son attention et initier à nouveau le jeu;
  • Il faut démarrer le jeu au moment où l’on aborde un lieu plus stimulant de façon à créer une concentration du chien sur vous. Le plaisir à jouer avec son maître doit être supérieur à celui d’aller voir ailleurs;
  • Inversement il convient de se cacher ou stopper le jeu au moment où l’on aborde un lieu plus calme. Le chien s’aperçoit qu’en dehors de son maître, il y a peu de chose intéressante ;
  • Il faut répéter l’exercice tous les jours et commencer à varier les lieux lorsque le chien est devenu très proche de son maître.

Extrait du livre « Dans le sens du poil  » de Nicolas CORNIER, éducateur canin professionnel

Le suivi naturel est un véritable trésor comportemental que je veux faciliter, développer et enrichir.

Lorsque je suis allé chercher mon chien, quelque chose m’a frappé. Après l’avoir câliné dans mes bras quelques minutes, je l’ai reposé au sol et, lorsque je me suis éloigné, il m’a suivi.

Une fois chez moi, je renouvelle cette expérience. Je le caresse quelques minutes, l’apaise et puis, je marche du salon à la cuisine, j’accélère dans le couloir pour enfin m’arrêter devant la porte d’entrée. Tout au long de ce périple, il me suit comme mon ombre. J’ai compris alors que cette façon de me suivre est naturelle. Le plus étonnant, c’est que je n’ai pas besoin de l’appeler et de lui demander de me suivre pour qu’il le fasse. Il le fait sans conditions. Bien que notre relation soit encore précoce, c’est bien le lien qui nous unit qui le motive à me suivre aveuglément. Les quelques moments de tendresse, de réconfort mais aussi d’alimentation ont suffi pour permettre ce premier acte éducatif.

Le suivi naturel est un véritable trésor comportemental que je veux faciliter, développer et enrichir. Si j’ai un jardin clos, je commence par là. Je le laisse explorer tous les recoins de ce nouveau monde, puis je me déplace de long en large, de droite à gauche, je m’arrête, je repars, je fais demi-tour, je ralentis et j’accélère. Je finis par un gros câlin accompagné par une récompense haut de gamme. Dès le lendemain, je tente l’expérience dans un nouvel environnement, un peu plus distrayant. Cela peut être le jardin de mon voisin, un pré dans la campagne ou un chemin dans la forêt.

Non seulement le suivi naturel nous rapproche, mais il valorise ma communication.

Lorsque je suis dans un endroit qui n’est pas clos, j’attache au collier de mon chien une longe légère. Je ne la tiens pas, je la laisse traîner ; elle me permet de le lâcher sans avoir l’inquiétude de le perdre. Si je suis inquiet, ma communication sera plus fébrile, je serai tenté de l’appeler quand ce ne sera pas nécessaire, de l’obliger à me suivre plutôt que de lui en donner envie. La longe m’évite de l’attendre quand il s’arrête. Je veux qu’il s’inquiète et ainsi créer un stress positif qui le fasse me rejoindre avec enthousiasme. Tout cela sans qu’un seul mot ne soit prononcé. Si je l’attends ou si je vais le chercher, il n’apprend rien car il n’a aucune raison de me rejoindre.

Il existe quatre situations qui favorisent ce stress positif : lorsque marchant au pas, je me mets à courir, lorsque je fais demi-tour brutalement, lorsque je m’éloigne et me déplace latéralement, et enfin quand je disparais soudainement de sa vue. J’ai plaisir à le mettre dans de telles situations, et lui aussi s’amuse. J’obtiens exactement ce que je veux en dépensant peu d’énergie et en communiquant sobrement. Chaque fois qu’il me suit naturellement, notre lien se renforce un petit peu plus. Quand il me suit, je ne le sollicite pas, et si je dois l’appeler pour un rappel ou toute autre situation, je suis d’autant plus efficace. Non seulement le suivi naturel nous rapproche, mais il valorise ma communication.

Tout cela fonctionne à merveille tant que nous nous promenons dans un milieu peu ou pas distrayant. Encore une fois, pour qu’il apprenne, il doit réussir ce que je lui demande. S’il croise un chien, un joggeur ou un enfant qui veut le caresser, l’exercice s’arrête pour mieux reprendre une fois « l’élément perturbateur » éloigné. S’il cesse de me suivre parce qu’il est légèrement distrait (une reniflade, une mouche qui vole), je l’appelle et lui demande de venir, sans pour autant l’attendre, je le félicite et le récompense quand il me rejoint. Par contre dans le cas du suivi naturel, il me rejoint (et c’est bien !) alors que je ne lui ai pas demandé, et donc je ne le félicite pas. Je l’ignore et je continue ma balade.

Il faut favoriser le suivi naturel non seulement pendant les premiers mois de la vie de mon chien, mais également tout au long de notre aventure commune. C’est ce qui me permet très vite de pouvoir le promener sans devoir m’inquiéter de savoir où il est, puisque c’est lui qui a appris à s’inquiéter où je suis et où je vais. Je n’ai pas besoin qu’il me suive comme un petit chien, je veux qu’il puisse explorer son environnement, rencontrer ses congénères et renifler les odeurs, puis me rejoindre !

Le suivi naturel, c’est aussi lui apprendre à jeter un coup d’œil toutes les dix ou vingt secondes pour vérifier ma position. Quel que soit son âge, tant qu’il est valide j’entretiens ce processus. Qu’il ne prenne jamais pour acquis que je l’attends. Ce n’est pas de l’inconscience mais du détachement qui me permet d’oser lâcher mon chien (au bout d’une longe au début) dès ses premières sorties. Le suivi naturel, c’est la promesse de balades harmonieuses, tranquilles pour les années à venir.


Article de Nicolas Cornier

« C’est le moment le plus important de la vie de notre chien : la promenade. Idéalement, dans un milieu champêtre connu et loin des routes. Je marche sans m’arrêter, sans suivre mon chien qui doit s’inquiéter, attendre des indications verbales qui ne viennent pas, mais inquiet et motivé à me rejoindre. Ce sont mes déplacements qui le guident, pas mes mots. Il va apprendre à m’observer, à vite me retrouver et à me suivre. Tout cela sans perdre le bénéfice de l’exploration, des rencontres et de la dépense physique. Chaque pas que je fais en silence tisse un peu plus le lien. Si je suis inquiet, une longe et une clochette me tranquilliseront. La sobriété verbale rendra mes rares rappels plus importants ».

5 commentaires

  1. Bonjour,
    je lis énormément d’articles sur le rappel car c’est quelque chose que j’ai du mal à améliorer avec la chienne. La plupart des artciles parlent du suivi naturel du chiot. Ok, mais nous avons adopté notre chienne à 3ans. Ils parlent de lien de confiance avec le « maître ». Ma chiene a confiance en moi, mais c’est un chien qui a vécu dans la rue en Roumanie et qui est très indépendante. Je me cache, je fais demi-tour, rien n’y fait, elle vaque à ses occupations et s’éloigne en suivant des pistes.
    L’extérieur et la liberté mentionnée dans un article sont pour elles un espace de découverte, mais un milieu où elle a appris à grandir seule, en ne faisant confiance qu’à elle-même.
    Le rappel reste donc un exercice bien difficile pour notre duo!

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    1. Bonjour
      Je connais les chiens de Roumanie et cette problématique que leurs humains rencontrent. Il est important de commencer le travail de suivi naturel (cela fonctionne tout pareil avec un chien adulte) dans un endroit clos sans stimulations (comme un jardin clos ou un stade de foot par exemple). La 1ère chose à mettre place c’est le lien affectif. Avez-vous pensé à vous faire aider d’un professionnel pour qu’il vous aide (travaillant en méthode respectueuse, je peux vous en conseiller un si vous voulez). Il ne faut pas forcément beaucoup de séances (souvent 2 ou 3 séances suffisent).

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      1. Oui nous sommes allées voir différents éducateurs, qui se trouvent un peu désemparés après plusieurs séances à travailler le rappel sans grande réussite..
        Dernièrement, l’un m’a conseillé lorsqu’elle part très loin, de partir et de rester invisible pendant au moins 15minutes, mais je m’inquiète un peu que Linda parte très loin sur les routes ou d’autres endroits dangereux.

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    1. Nous habitons dans la Somme, donc oui venir chez vous ferait trop loin. Auriez-vous des astuces à me donner que je pourrais travailler?
      En ce moment, j’ai du mal à enlever la longe durant les balades (longe lâchée mais qui traine au sol). Mais j’ai peur qu’elle se coince dans des racines et que Linda soit bloquée ou pire)

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