RÉACTIVITÉ, AGRESSIVITÉ… ET SI C’ÉTAIENT LES HORMONES ?

Lorsque l’on parle de réactivité ou d’agressivité, on recherche systématiquement une cause comportementale.

Pourquoi toujours dissocier comportements et pathologies médicales ?

Les dérèglements hormonaux influent sur les comportements humains, pourquoi n’en serait-il pas de même chez nos poilus ?!

Après lectures et analyses de différentes études, il ressort que le stress voire l’agressivité pourraient s’expliquer par certaines perturbations hormonales.

Plusieurs hormones seraient à prendre en considération :

  • L’adrénaline : le mot « adrénaline » est une marque déposée, aussi emploierons-nous le mot scientifique, épinéphrine.L’épinéphrine est une hormone, ou un neurotransmetteur, lié au stress, au risque, à l’excitation. Elle permet de fournir au corps suffisamment d’énergie pour affronter une situation vécue comme urgente.La perte ou la séparation engendrent une augmentation de l’épinéphrine qu’accompagne un décroissement de sérotonine et de certaines dopamines. C’est un facteur majeur de dépression. Le contact physique, comme la main sur l’épaule, permet de rassurer, d’entourer, de faire baisser l’adrénaline, d’augmenter la sérotonine et les dopamines.
  • Le cortisol est une hormone de la famille des glucocorticoïdes, synthétisée à partir du cholestérol, et libérée sous l’effet du stress pour procurer, de l’énergie, comme l’adrénaline. Elle atteint son maximum au petit matin et son minimum dans la nuit et en début d’après-midi, ce qui explique en partie la baisse de performance physique et cognitive que l’on éprouve à ce stade de la journée.A dose réduite, elle augmente la consolidation de la mémoire selon Roozendaal 2000; Buchanan and Lovallo 2001; Cahill et al. 2003 , et a un effet positif sur la récupération des données conservées par la mémoire émotionnelle selon Roozendaal 2002; Kuhlmann et al. 2005a, b .La solitude augmente considérablement le taux de cortisol selon Lyons & Levine, 1994.
  • La vasopressine ou ADH : la vasopressine (une hormone régulant la rétention d’eau) a été identifiée comme responsable d’une certaine agressivité chez l’homme.
  • Les hormones thyroïdiennes : l’hypothyroïdie est la cause de nombreux problèmes de comportement… Suivant une étude de Jean Dodd et Linda Aronson (1999. 2004), de nombreux problèmes de comportement sont en corrélation avec une hypothyroïdie.
    • Comportement anormal en général : 63%
    • Agressions : 62% , surtout agressions envers humains.
    • Crises convulsives (et crises émotionnelles, et changements d’humeur imprévisibles): 77%
    • Peurs et anxiété : 47%
    • Hyperréactivité, hyperactivité : 31%
  • la sérotonineest un messager chimique du système nerveux central intervenant dans de nombreuses fonctions physiologiques : le sommeil, l’humeur, la dépression, le comportement agressif… 

Une nouvelle étude montre que ces hormones peuvent façonner l’agressivité et les émotions affiliées. En voici un résumé en français.

Agressivité chez les chiens: les rôles de l’oxytocine et de la vasopressine


Voici un article de Marina Gates Fleming que j’ai trouvé vraiment intéressant.

LE STRESS CHEZ LES CHIENS ET QUELQUES SOLUTIONS

Introduction

Il n’est pas toujours facile d’expliquer la relation que nous avons, ou que nous aimerions avoir, avec notre chien. Vivre avec un chien est vivre avec une espèce différente de la nôtre. Il est donc nécessaire et très IMPORTANT d’apprendre à connaître et à se comprendre mutuellement.

Les chiens ont cette incroyable capacité à S’ADAPTER et sont donc en mesure de s’adapter à ces vies extraordinaires que nous avons choisies pour eux. Le chien est devenu partie intégrante de notre société et joue un rôle social important. En raison de cette adaptabilité nous attendons de nos chiens qu’ils « comprennent » tout et s’intègrent parfaitement dans nos vies. Cette vie ne répond pas à leurs besoins fondamentaux et est si éloignée de leur mode de vie naturel que des problèmes surviennent. Et quand ils ont des réactions « inhabituelles » ou « agressives », ils sont réprimandés, punis voir tués.

Pour beaucoup d’entre nous, nous éprouvons un attachement quasi irremplaçable, pour notre chien qui est toujours là pour nous et sans jamais nous juger. Autrement dit, le chien est « meilleur ami de l’homme », mais sommes-nous son meilleur ami ?

Nos chiens et le stress

Nos chiens, tout comme nous, peuvent éprouver du stress à devoir faire face à toutes sortes de situations et pressions dans la vie quotidienne. Un peu de stress n’est pas une mauvaise chose, en fait, cela nous motive à faire avancer les choses. Cependant, comme nous le savons tous, quand il y a trop de pression, nous commençons à souffrir physiquement et émotionnellement. La même chose est vraie pour les chiens.

Le stress n’est ni bon ni mauvais. Du stress est du stress. Le corps ne fait pas la différence. Le stress peut être psychologique, physique, émotionnel, environnemental et/ou infectieux ou un amalgame de ces stress. Il est également important de se rappeler que les stress sont cumulatifs que nous les reconnaissions comme tel ou non. Dans la nature, il est vital pour la survie que l’organisme réponde de façon optimale, pour garantir une chasse fructueuse ou échapper à un prédateur. Rester dans cet état n’est cependant pas une bonne chose car des conséquences négatives se produiront. Les effets du stress chronique pénètrent au cœur de notre être et nous change dans ce processus. Il modifie notre corps et notre cerveau qui prendront environs 9 mois à se réparer à partir du moment où le stress est enlevé.

Quand on est stressé le corps réagit en libérant immédiatement diverses hormones de stress et il faudra au corps et au cerveau 3 à 5 jours pour revenir au niveau qu’il était avant que le stress ne se soit produit.

Qu’arrive-t-il donc? Première réaction au stress est la libération d’adrénaline : nous avons tous ressenti ce picotement dans tout notre corps, notre cœur qui bat fort, un creux dans le ventre etc… … lorsque nous avons une peur soudaine. Si le stress reste alors du cortisol (peut entraîne la fatigue surrénale) est libéré dans le système. Dans un même temps, d’autres changements se produisent, y compris, entre autres, la libération des hormones sexuelles, nous rendant irritable et ce que les gens appellent « agressivité » chez nos chiens. Les sucs gastriques peuvent être affectés induisant une diarrhée et / ou des vomissements. L’hormone ADH ou vasopressine qui intervient dans la régulation de l’eau dans notre corps se met à mal fonctionner: nous transpirons / avons chaud / besoin de faire pipi. Les niveaux de sucre dans le sang, normalement stockés dans le foie pour « nourrir » le cerveau en continu, sont perturbés et sont entièrement redirigés vers les muscles, de sorte que le cerveau en est privé. Une recherche australienne a, maintenant découvert que le neuropeptide Y, une neuro-hormone, qui est un régulateur majeur de stress, endommage le système immunitaire.

L’impact du stress sur nos chiens a été longtemps ignoré avec peu de recherches sur la question. Mais nous savons maintenant que le stress a le même effet sur les chiens que sur les humains. Et le stress chronique crée un niveau trop élevé d’adrénaline. Cela rend non seulement les sens de nos chiens beaucoup plus aigus et plus sensible que d’habitude, il affecte également leur capacité de concentration. Cela va les amener à être beaucoup plus réactif à ce qui se passe autour d’eux et risque de les amener à faire des « jugements » que dans un état « normal » ils ne feraient pas.

S’il y a du stress occasionnel le chien va récupérer. Toutefois, si cela arrive tous les jours, ce ne sera pas le cas. Si des choses stressantes se produisent trop souvent le corps va devenir chroniquement stressé et le système immunitaire sera touchée. Le chien tombera malade. La recherche montre maintenant que presque tous les types de la maladie peut être retracée au stress, si notre chien est stressé nous devons donc trouver la cause au plus vite pour pouvoir réagir.

Causes de stress

Quand notre chien a une réaction excessive aux choses, il y a beaucoup de chance que c’est dû à un niveau trop élevé de stress ou à un stress chronique. Si c’est le cas, peu importe combien nous « travaillons » avec lui, nous ne pourrons pas soulager son stress. Au contraire, nous risquons d’empirer les choses. Nous avons besoin de savoir ce qui le stresse et y remédier. Le stress chronique peut survenir par inadvertance (la liste ci-dessous n’est pas exhaustive) :

Par les propriétaires qui :

  • Lancent régulièrement des balles, frisbees, bâtons etc…
  • Font du vélo, du jogging ou tout autre type d’activité répétitive avec leur chien.
  • Permettent à leur chien de jouer tous les jours avec d’autres chiens, des enfants.
  • Vont à l’agilité, des cours d’obéissance alors que le chien n’est pas capable de gérer cela.
  • Prennent leur chiot à des « play groups »; trop souvent le chiot est submergé par la longueur de la leçon et des « sessions de jeu », la taille du groupe/chiots, les tâches attendues de lui, les stimulis constants, par le manque de périodes de pause/repos, il est commandé ou pire, forcé, de faire des choses qu’il ne comprend pas, qu’il est plus que probablement même INCAPABLE DE FAIRE, personne ne voit ou ne comprend ses signaux d’apaisements… etc…
  • « Taquinent » ou surexcitent leur chien en disant « Où est le chat ? », « Prends le chat ? », « Prom Prom », « Où est la baballe ? », etc…
  • Contrôlent leur chien – sans lui donner la possibilité de faire des choix.
  • Touchent et/ou laissent les autres toucher leur chien constamment, trop longtemps et « impoliment » ou des propriétaires qui n’ont pas suffisamment de contact physique avec leur chien.
  • N’offrent à leur chien que des promenades répétitives.
  • Ont un collier (plutôt qu’un harnais), une laisse trop courte ou toujours tendue sur laquelle il donne des secousses de correction.
  • Stimulent leur chien trop ou trop peu.
  • Forcent leur chien à faire, voir, entendre des choses que le chien n’est pas, à ce moment-là, capable de faire, voir etc…
  • Embrouillent leur chien, avec des attentes trop élevées.
  • Traitent leur chien comme leur « bébé » en ne pas comprenant ses besoins canins.
  • Ne donnent pas des messages clairs à leur chien, il n’a donc aucune idée de ce qu’on attend de lui.
  • À leur insu, ils menacent leur chien. La plupart du temps, nous, les humains n’avons aucune idée qu’au mieux, nous sommes impolis et, au pire, menaçant pour nos chiens. Par exemple, il est menaçant pour un chien de marcher droit sur lui. Une nouvelle étude a révélé que la fréquence cardiaque d’un chien pouvait s’accélérer de façon spectaculaire à l’approche « directe » d’une personne, même si l’animal ne montre aucun signe extérieur de stress. Ou encore d’arriver a lui et de se pencher sur lui, de le regarder dans les yeux, de se déplacer rapidement ou faire des mouvements rapides, etc. Tout ceci amènera toujours le chien à utiliser un (ou plusieurs) signal d’apaisement, qui à son tour, peut ne pas être vu, être ignoré ou, pire encore, punis.

L’environnement est d’une importance particulière car aucun canidé vivant à l’état sauvage n’est exposé à tant de situations stressantes répétées que nos chiens le sont aujourd’hui.

De l’environnement ou de par la façon dont le chien est élevé, notamment :

  • Un « mauvais » éleveur / une usine a chiot, etc…
  • Trop peu de repos et de « bon » sommeil • Trop peu d’eau (spécialement pour les chiots).
  • Trop ou trop peu de nourriture ou une nourriture inappropriée.
  • Le manque de ou trop de contact avec les propriétaires et/ou d’autres chiens.
  • Trop de temps passé seul.
  • Ne pas avoir la possibilité de se soulager quand il en a besoin.
  • Des changements soudains (déménagement, naissance, décès, etc.…).
  • Trop de bruit, trop de mouvements et/ou trop de monde à la maison.
  • Trop ou trop peu de liberté. Pas d’endroit à lui, et/ou pas assez de choix d’endroits où il peut se détendre/dormir/se reposer.
  • Trop de chiens dans un trop petit espace avec aucune possibilité de se retirer et de maintenir un espace personnel.
  • Une maladie ou un traumatisme.
  • Trop de choses menaçantes, telles que des enfants, des étrangers, des tempêtes fréquentes, de la violence, un manque de patience ou de la colère autour du chien. Les chiens réagissent à l’état d’esprit, les émotions et les humeurs de ceux qui sont autour d’eux !

Symptômes

Les symptômes de stress créent un stress supplémentaire et commence ainsi un cercle vicieux, le corps et le cerveau ont besoin de suffisamment de temps entre chaque situation stressante pour pouvoir se réparer. Ceci prend de 3 à 5 jours. Bien sûr, certains des comportements mentionnés ci-dessus peuvent se produire quand le chien n’est pas stressé nous devons donc voir le contexte et la fréquence de ces comportements… nous nous devons donc d’observer nos chiens.

  • Etre plus nerveux, plus/trop réactif
  • Etre incertain, inquiet, beaucoup bouger, ne pas se calmer… (peut par exemple mordiller, pincer, mâchouiller la laisse, « manger de l’air » etc.…).
  • Manquer de concentration, oublier des choses et/ou avoir une activité de substitution.
  • Détruire la maison et/ou des objets.
  • Aboyer excessivement, pleurnicher ou hurler.
  • Etre en « shut-down » : le chien est calme et « léthargique », réagit peu. Malheureusement, la plupart des propriétaires ne réalisent pas à quel point le chien est atteint.
  • Avoir un comportement « agressif ».
  • Montrer trop/trop peu/pas de « signaux d’apaisement (se lécher les babines, éviter le contact, bâiller, se gratter, détourner la tête etc…).
  • Avoir des comportements sexuels inappropriés ou chez les femelles rater des chaleurs, ou en avoir trop etc…
  • S’automutiler : le chien se lèche ou se mordille lui-même parfois jusqu’à ce que des plaies apparaissent.
  • Perdre l’appétit ou trop manger.
  • Avoir la diarrhée.
  • Avoir des allergies et des problèmes de peau, un pelage terne, beaucoup de pellicules, une mue soudaine et/ou une odeur de corps et/ou une mauvaise haleine.
  • Haleter et/ou avoir les pattes moites (bien évidement ceci est probablement tout a fait normale s’il fait très chaud ou si le chien vient de courir).
  • Avoir des muscles tendus et/ou des tremblements.
  • Avoir des comportements compulsifs: tels que pourchasser sa queue, regarder les ombres/jeux de lumière, etc…
  • Faire ses besoins, trop souvent (pipi ou popo) dans la maison, en promenade quand il n’en a pas besoin, en arrivant quelque part etc…
  • Avoir un pouls au repos trop élevé. Il devrait se situer entre 40 et 65 par minute. S’il est supérieur à 70 alors il faut agir. Pour prendre le pouls de notre chien, nous choisissons un moment ou le chien est calme et ne dort pas, nous mettons la main à plat à l’intérieur de sa cuisse pendant une minute (chronomètre en main) et nous comptons (contrairement à nous, le pouls de notre chien n’est pas régulier).

Solutions

Il n’y a pas de BAGUETTE MAGIQUE, mais en pensant à la façon dont nous pourrions nous sentir avant d’imposer quelque chose à notre chien, peut-être la voie à suivre. Cela nous aidera à développer une relation plus harmonieuse et moins stressante avec notre ami à 4 pattes.

Le stress ne peut pas être éliminé par l’éducation, l’obéissance ou de l’exercice; en fait cela ne peut qu’empirer les choses. Les causes de stress doivent être trouvées et retirées. Nous devons s, si possible, identifier tous les facteurs de stress et réduire systématiquement le niveau de stress auquel le chien est régulièrement exposé. Il faudra le temps qu’il faudra pour réparer le cerveau et le corps. S’il s’agit de stress chronique, il faudra environ 9 mois pour que le chien se remette à partir du moment où il n’y a plus de stress.

Il est important de savoir de quelle stimulation mentale, d’exercice, de sommeil, de compagnie, d’alimentation et de mode de vie notre chien a besoin. Ceci, afin d’assurer son bien-être et sa santé tant mentale que physique, et ce tout au long des nombreuses étapes de sa vie. Pour se faire il vaut mieux s’armer de patience et respirer profondément.

Quand nous trouvons la cause d’un stress, la toute première chose à faire est d’enlever au chien la possibilité de réagir. Par exemple, si notre chien se précipite vers/sur des chiens/personnes c’est qu’ils sont (pour le moment) trop près. Nous devons nous assurer de ne pas nous mettre dans une situation où nous ne pouvons pas offrir une alternative au chien. Nous allons donc choisir de grands espaces où nous pouvons être suffisamment loin de ce qui « perturbe » notre chien et nous permettre de le contourner (voir les signaux d’apaisement de Turid Rugaas) à temps, pour permettre au chien d’apprendre. Nous continuerons à faire cela, en réduisant progressivement la distance, jusqu’à ce qu’il ait appris et puisse, sans problème, accepter ce qui, avant, le perturbait. Un autre exemple à la maison cette fois ; utilisons le signal de la main chaque fois que nous allons quelque part (que ce soit pour aller faire une tasse de thé ou pour partir). La main est relax et vers le bas, paume vers le chien (ce n’est pas un signal de “stop ou assis”). Ceci dit clairement à notre chien qu’il ne doit pas s’en faire que tout est sous contrôle.

Pour stimuler sa confiance en lui, donnons-lui des choix et de simples plaisirs dans certaines limites. Par « limites » je veux dire nous assurer que nous n’avons pas un chien sans respect et manières. Nous devons nous assurer que nous enseignons à nos chiens d’être poli, en leur montrant ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Tout en veillant à ce que nous soyons cohérents afin que notre chien sache ce que l’on attend de lui. N’oublions pas non plus, qu’un chien curieux, est un chien en bonne santé.

Ne contrôlons pas notre chien tout le temps… avant de lui interdire quelque chose, ce serait bien de se poser la question « pourquoi ne peut-il pas le faire? ». De même, pourquoi lui demander constamment de faire quelque chose… Par exemple, avant de lui demander de « s’asseoir » nous devrions nous demander « pourquoi? A quoi cela 6 sert-il ? ». Nous contrôlons déjà tellement de leurs vies. Nous décidons quand, où et pour combien de temps ils peuvent se promener. Nous avons même le contrôle de la vitesse à laquelle ils sont autorisés à marcher, quand, où et ce qu’ils mangent, où et avec qui ils vivent, où et quand ils peuvent faire leurs besoins – c ‘est le seul animal à qui nous imposons cela !

Consacrons beaucoup plus de temps à observer nos chiens, à devenir conscient de la façon dont ils se sentent dans différentes situations sans nous attendre à ce « qu’ils s’intègrent toujours automatiquement et parfaitement dans notre monde ».

Soyons un bon parent et protégeons notre chien à tous moment. En tout cas, observons-le et « voyons » ses signaux d’apaisement. Par exemple, comment réagit-il quand nous le cajolons, lorsque nous avons des visiteurs ou quand nous sommes prêts à sortir en promenade? Se précipite-t-il vers la porte sautant comme un fou ou en aboyant sans arrêt, ou halète-t-il, se lèche-t-il les lèvres ou s’arrête-t-il pour se gratter? L’observation nous permettra d’identifier si les choses deviennent trop pour lui et à réagir en conséquence. Bien qu’il ne faille jamais le forcer à faire quoi que ce soit, afin de le « vacciner » à notre vie humaine, notre chien a besoin d’être exposé à différents endroits et situations pour apprendre à faire face à la vie de tous les jours. Observons-le et demandons-lui seulement de faire ce qu’il peut faire, lentement mais sûrement, jour après jour, et il sera en mesure de faire face de plus en plus. Cela peut, par exemple, commencer avec aussi peu que de s’asseoir avec lui sur le pas de la porte et de regarder « le monde passé ».

Beaucoup de chiens ne dorment pas suffisamment ou leur sommeil n’est pas de bonne qualité. Ils ont besoin de plus de sommeil que nous. Les chiots ont besoin de +/- 20 heures de sommeil et les chiens adultes de +/-16 heures sur 24. Etre en sécurité est essentiel; faisons donc en sorte que quand notre chien dort il se sente en sécurité. Sauf si absolument nécessaire, ne le dérangeons pas. Les chiens ont un sommeil « poly phasiques », ils vont donc choisir un endroit pour dormir pendant un certain temps avant de se lever et de se déplacer ailleurs. Ce comportement est normal et instinctif ; donnons donc à notre chien, assez de choix: canapés, poufs, peaux de mouton, couvertures de même que différents types et tailles de paniers, coussins, etc…, répartis 7 autour de la maison. Pour pouvoir avoir un bon sommeil notre chien doit pouvoir se coucher confortablement à plat, donc avoir suffisamment d’espace est très important. Les chiens sont des animaux sociaux. Ils aiment normalement la compagnie pour dormir jour et nuit. Cependant, quand il y a plusieurs chiens ils doivent avoir la possibilité de dormir seul et en paix, loin des autres, s’ils le veulent.

Une stimulation mentale n’est pas la même chose que la stimulation physique. Beaucoup prêchent « un chien fatigué est un bon chien », mais ceci n ‘est pas nécessairement correcte. Oui, les chiens sont physiquement entraînés mais s’ils ne reçoivent pas assez de stimulation mentale, ils vont souffrir d’un déséquilibre. L’équilibre est la clé et nous devons donc examiner nos promenades quotidiennes et les jeux que nous jouons avec notre chien: combien et à quelle fréquence, et quel type d’exercice. Nous aurons probablement besoin de remplacer une partie de ceux-ci par une stimulation mentale plus approprié.

Laissons notre chien voir et être avec d’autres chiens. La meilleure façon de le faire est d’avoir des promenades « sociales » de « flairage », si possible deux fois par semaine. Ceux-ci peuvent être en ou sans laisse et n’incluent pas de folles courses ou jeux « fou-fou » Que nos promenades soient avec d’autres chiens ou non, faisons-en sorte que la promenade soit « lente » pour que notre chien ait tout le temps de flâner et renifler. Promenons-nous à des endroits différents et nouveaux toujours à un rythme lent. Nous marchons généralement beaucoup trop vite et ceci ne permet pas à nos chiens de « vérifier leurs pee-mails » assez souvent! Essayons de trouver le plus d’endroits surs ou notre chien peut se promener librement sans laisse. Nous pouvons nous asseoir et profiter de la vue pour permettre à notre chien de faire ce que les chiens font naturellement bien: utiliser sa curiosité naturelle. Tout ceci est bien plus bénéfique pour notre chien que partir faire du jogging avec lui, que courir après des balles, des frisbees ou des bâtons ou derrière les uns les autres, etc.

Nous avons également une tendance à promener nos chiens pendant trop longtemps; 30 à 40 minutes par jour pour un chien adulte est vraiment plus que suffisant (et ce n’est pas nécessaire tous les jours non plus !). Notons aussi que la façon de respirer quand notre chien renifle est différente de la respiration normale. La respiration normale est suspendue quand un chien renifle. Donc si notre chien halète il n’est pas capable de renifler/sentir, un chien qui court comme un fou ou est stressé ne va pas donc pas être en mesure d’interagir avec son environnement et/ou d’autres activités « du nez ». Une autre raison pour laquelle des promenades calmes et des activités douces sont ce dont nos chiens ont le plus besoin.

Présentons notre chien à des « environnements enrichis » (EE) à la fois à travers différents objets / sons etc. dans la maison et différents endroits lors de nos promenades. Nous ne devons pas simplement nous promener dans la forêt ou le parc, mais devrions visiter les parkings, des champs, des fermes, stations 8 d’essence, une plage etc… Notre imagination est la limite. Si nous introduisons notre chien à un EE dans la maison ou un endroit clos/protégé, le chien le fait tout seul. S’il est à l’extérieur, alors il sera en longue laisse.

Nous pouvons aussi l’encourager à chercher des objets. De nouveau ceci peut être fait dans la maison, le jardin ou quand en promenade. Il est important de garder le niveau d’excitation (c’est à dire d’adrénaline donc de stress) bas. Si notre chien fait la recherche dans la maison ou dans un endroit clos il le fera tout seul. Si par contre il est à l ‘extérieur, alors il le fera en (très) longue laisse si le rappel n’est pas bon.

Essayons d’avoir quelque chose pour notre chien à mâcher/mastiquer/manger pendant une ou deux heures chaque jour. Lécher et mâcher/mastiquer/manger est un comportement normal et instinctif qui permet à notre chien de se sentir bien, c’est bon pour les dents et c’est relaxant. Lécher et mâcher/mastiquer/manger des choses liés à l’alimentation tels que des os crus, des bois de cerf ou daim, des sabots de vache, des kongs remplis, des carottes, des oreilles de bœuf séchée, des patates douce, etc… sont tous excellents – à nous de trouver ce qui convient à notre chien.

Faisons des « recherches de nourriture » (treat search), des « jeux de cerveau » et organisons des parcours d’obstacles pour lui. Nous pouvons utiliser l’environnement naturel pour qu’il puisse faire de l’équilibre, grimper, passer en dessous au-dessus etc… et quand a la maison, nous pouvons utiliser des chaises de cuisine, tables, faire un tunnel avec une couverture, utiliser une boite en carton qui vient d’être livrée… utilisons notre imagination. Si le chien fait un « treat search » dans la maison ou un espace clos, il le fait tout seul. S’il est à l’extérieur, alors il le fera en longue laisse.

Introduisons notre chien au « pistage ». Nous commençons par un exercice simple, le chien voit la personne faire la piste (en tirant une friandise au bout d’une corde). Nous utilisons un terrain facile et la distance au début sera courte. Nous permettons à notre chien de sentir quelque chose appartenant à la personne qu’il va pister. Il piste jusqu’au bout ou il aura la friandise et trouvera la personne (ou quelque chose lui 9 appartenant). Au fur et a mesure de son expérience, nous augmentons la difficulté, lentement mais sûrement. Une friandise ne doit pas être utilisé plus de 2 ou 3 fois. Le pistage se fait avec le chien en harnais et une longue laisse (5 à 10 mètres). Nous suivons tout simplement le chien à un rythme détendu permettant au chien d’utiliser son nez, nous n’avons pas besoin de dire quoi que ce soit.

Penchons-nous sur et vérifions l’alimentation de nos chiens: est-elle appropriée? Cela pourrait changer avec l’âge ou en raison d’une maladie, d’une mise bas, etc.

Nous pouvons visiter un ostéopathe qualifié, même s’il n’y a aucun signe extérieur évident de douleur ou d’inconfort (je recommande une visite annuelle). On a également observé que les phéromones apaisement (DAP), massage, « Tellington Touch » (TT), les fleurs du Dr Bach, ainsi que les traitements homéopathiques peuvent aider nos chiens. En effet, bien qu’il n’y ait pas d’études scientifiques à l’appui de leur utilisation, certains propriétaires ont observé des changements positifs chez leurs chiens.

Si vous croyez qu’il n’y a pas de raison fondamentale pour votre chien d’être stressé, passez chez votre vétérinaire pour faire vérifier la thyroïde et testez pour « l’hypothyroïdie ». Dr Dodds stipule que «… les patients hypothyroïdiens ne gère pas le niveau de cortisol correctement et des niveaux constamment élevés de cortisol mimique un animal dans un état de stress constant, il diminue la production de TSH (Thyroid Stimulating Hormone) et la production d’hormones thyroïdiennes. Chez l’homme et chez les chiens apparemment, la fonction mentale est altérée … »

Conclusion

Soyons CALME, et conscients de notre propre respiration. Respirons profondément et régulièrement, cela aidera notre chien à rester plus calme et détendu.

Tout ce que nous faisons pour aider notre ami à 4 pattes à avoir une vie avec un minimum de stress, se reflétera dans notre propre vie à travers en général une meilleure santé et une vie plus relax, nous donnant à tout deux plus de plaisir et de bonheur.

Rappelons-nous toujours que la clé d’un chien heureux et en bonne santé est l’EQUILIBRE. OBSERVONS-le, APPRENONS à le LIRE et répondons-y correctement. Trop ou trop peu de quelque chose n’est pas bon, ne lui demandons jamais trop et laissons-le faire des CHOIX. Cela nous permettra de renforcer notre relation basée sur le respect mutuel, l’amour et la confiance sans gadgets, punition ou violence.

MGF/avril 2013 (traduit mai et juin 2013).

Sources et livres à lire (tous en anglais)

International Dog Trainer Education, 2012/13. Turid Rugaas

On talking terms with dogs: Calming Signals, 2006. Turid Rugaas

Barking, the sound of a language, 2008. Turid Rugaas

My dog pulls- What do I do ? 2005. Turid Rugaas

How to handle living with your dog, 2009 Winkie spears

Understanding the silent communication of Dogs, 2011. Rosie Lowry

The Canine Kingdom of Scent, 2012. Anne Lill Kvam

Playtime for your dog, 2006. Christina Sondermann

Stress in Dogs, 2007. Martina Scholz & Clarissa von Reinhardt

Dog-games.co.uk Sally Hopkins (http://www.dog-games.co.uk)

Bones would rain from the sky, 2002 Suzanne Clothier

Bonding with your dog, 2009. Victoria Schade

Inside of a dog, 2009. Alexandra Horowitz

In defence of dogs, 2011. John Bradshaw

The emotional lives of animals, 2007, Dr Mark Bekoff, PhD

Why zebras don’t get ulcers, 2004. Robert M. Sapolsky

Adrenal fatigue, the 21st century Stress Syndrome., 2001. J. L Wilson ND, DC, PhD.

The Canine Thyroid Epidemic, 2011. W. Jean Dodds, DVM

Livres à lire en français

Les signaux d’apaisement, 2010. (On talking terms with dogs: Calming Signals,) Turid Rugaas

Dans la peau d’un chien (2011) (Inside of a dog,). Alexandra Horowitz

Les émotions des animaux (2013) (The emotional lives of animals) Dr Mark Bekoff, PhD


Bibliographie :

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2017.01613/full

https://www.joeldehasse.com/articles/thyroide.html

Cliquer pour accéder à dl.php

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/140/?sequence=19

Cliquer pour accéder à Redeuil_14196.pdf

Les hormones

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